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13 décembre 2021

Séance à huis clos avec Hal Kvisle : Obstacles et possibilités de la transition énergétique canadienne


Par Prasanthi Vasanthakumar, Institut des administrateurs de sociétés

Lors du sommet sur le climat COP26 qui s’est tenu le mois dernier à Glasgow, plus de 100 pays, dont le Canada, se sont engagés à atteindre la carboneutralité d’ici 2030 ou 2050. Qu’est-ce que cela signifie pour le secteur canadien de l’énergie, un pilier essentiel de notre économie?

Dans notre dernier rendez-vous des séances à huis clos de l’IAS, Harold (Hal) Kvisle, fellow de l’IAS 2021, se joint à Rahul Bhardwaj, président et chef de la direction de l’IAS, pour discuter de la transition et de la diversification énergétiques du Canada. Fort de plus de 40 ans d’expérience dans les secteurs pétrolier et gazier, des services publics et de la production d’électricité, M. Kvisle est bien placé pour commenter les défis auxquels font face les conseils d’administration des entreprises du secteur de l’énergie ainsi que les compétences évolutives dont les administrateurs et administratrices ont besoin pour manœuvrer dans cet environnement d’incertitude.

À la suite de la discussion avec M. Kvisle, Dr Dan Wicklum explique l’importance des cibles pour atteindre la carboneutralité et leurs implications pour le Canada. La vidéo se termine avec un groupe de discussion, composé de Jill Angevine, Brenda Eprile et Kevin Krausert, qui approfondit les répercussions potentielles de la transition énergétique.

Voici les points marquants de la vidéo.

Hal Kvisle : Nous avons 20 ans de dur labeur devant nous.
Dans sa discussion avec M. Bhardwaj, M. Kvisle explore l’importance d’établir un calendrier raisonnable pour réaliser la transition énergétique canadienne et aplanir les obstacles politiques, légaux et techniques auxquels le secteur de l’énergie se heurte. Il discute également du dilemme auquel est exposé le secteur pétrolier et gazier canadien, de l’adéquation du gaz naturel et des énergies renouvelables comme moyen de réduire les émissions et de la possibilité pour le Canada d’aider le monde à faire le saut vers des sources plus propres d’hydrocarbures.

Il n’est pas surprenant que de nombreux conseils du secteur de l’énergie soient sous pression, car ils sont aux prises avec la concurrence internationale, les politiques publiques et les mouvements sociaux.
Les conseils doivent comprendre les faits relatifs à la situation ainsi que ce qui se passe dans le monde qui les entoure, conseille M. Kvisle. Ils doivent faire de leur mieux pour lutter contre les changements climatiques et réduire les émissions, tout en gardant à l’esprit la valeur de l’entreprise du point de vue des actionnaires, des clients et des membres du personnel.

« Je pense que l’expertise, dans toute son étendue et sa diversité, qui se trouve autour de la table du conseil d’administration d’une entreprise est beaucoup plus importante aujourd’hui qu’elle ne l’a jamais été auparavant », déclare M. Kvisle. « Je pense à un conseil diversifié possédant un minimum d’expertise sectorielle, mais aussi des personnes qui comprennent les impératifs plus larges qui existent aujourd’hui : nous avons besoin de tout cela. »

Dan Wicklum : La carboneutralité change tout.

Après la discussion avec M. Kvisle, Dr Dan Wicklum, chef de la direction de l’Accélérateur de transition, se penche sur le passage à un paradigme d’élimination des émissions, sur le retard du Canada en matière de réduction des émissions, sur les raisons pour lesquelles des mesures progressives ne suffisent pas et sur les possibilités pour le Canada de produire de l’hydrogène.

Il aborde également l’importance de la Loi canadienne sur la responsabilité en matière de carboneutralité, du Groupe consultatif pour la carboneutralité et de la Glasgow Financial Alliance for Net Zero.
Dans le cadre de son travail avec le Groupe consultatif pour la carboneutralité, il a dégagé 10 valeurs et principes qui peuvent aider le Canada à atteindre la carboneutralité en tant que société d’ici 2050.

« Parvenir à la carboneutralité ne consiste pas seulement à faire plus rapidement et plus efficacement ce que vous alliez faire pour éliminer les émissions », explique-t-il. « Il s’agit de mesures fondamentalement différentes qui définissent les systèmes futurs et créent des voies d’accès à ces systèmes. »

Éviter le chaos lors de la transition énergétique

Dans le groupe de discussion qui conclut la vidéo, Jill Angevine, Brenda Eprile et Kevin Krausert, tous cadres du secteur de l’énergie canadien, discutent des coûts et des obstacles de la transition énergétique. Conscients de la difficulté du chemin à parcourir pour parvenir à la décarbonation, ils évoquent le rôle important du gaz naturel dans l’atteinte de la carboneutralité et la nécessité pour les autorités de réglementation, les investisseurs et le secteur de collaborer pour trouver des solutions réalisables.
Le groupe de discussion examine également le rôle du conseil à ce moment charnière. Les conseils doivent rechercher des solutions rationnelles et durables dans le cadre de la transition énergétique. Ils doivent également tenir compte de leurs besoins et de leurs sources de capitaux, car l’innovation est le gage du développement durable.

« Il s’agit d’un changement radical », déclare Mme Eprile. « Je pense que par le passé, les conseils d’administration se concentraient davantage sur la surveillance de l’entreprise, mais maintenant, ils doivent vraiment inciter l’équipe de la haute direction à collaborer avec d’autres parties prenantes pour influencer le changement. Et donc, à l’interne, les conseils doivent vraiment se pencher sur l’allocation des capitaux et s’assurer que leurs entreprises seront viables à long terme. »

Le dilemme du conseil

Pour atteindre la carboneutralité, la consommation mondiale de pétrole doit diminuer. Dans l’intervalle, le secteur pétrolier et gazier canadien, dont les entreprises productrices sont de meilleure qualité et plus respectueuses de l’environnement que beaucoup d’autres, doit-il continuer à répondre à la demande du marché ou faut-il limiter la production? demande M. Kvisle. Et dans ce cas, quelles en seraient les conséquences économiques? Par ailleurs, si le secteur pétrolier et gazier est le plus grand investisseur dans les technologies propres, comme le fait remarquer M. Krausert, doit-il être paralysé par les politiques publiques et les investisseurs réticents?

Dr Wicklum souligne que le monde a attendu trop longtemps pour une approche de réduction des émissions qui fonctionne. Mais agir à la hâte pour réaliser la transition énergétique créera des problèmes économiques, tandis que la lenteur pourrait conduire à une catastrophe climatique. Pour le conseil, évoluer dans cet environnement ambigu pourrait être le défi le plus difficile à relever.
Votre conseil est-il prêt pour la transition énergétique? Pour plus de contexte et d’informations, regardez la vidéo dans son intégralité.
 
Merci à nos commanditaires de nous avoir permis de réaliser cette séance à huis clos avec M. Hal Kvisle :
Commanditaires de la série
  • PRINCIPAUX : Canadien Pacifique, KPMG, Longview
  • DE PRESTIGE : Deloitte, Torys
Commanditaire de la séance
  • Hal Kvisle : ARC Resources, Business Council of Alberta, Finning, Viewpoint
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