31 août 2026

Le véritable aimant à investissements

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Une gouvernance solide pourrait être l’atout le plus précieux du Canada

Par M. Matthew Fortier, président et chef de la direction par intérim

 

Lors d’une récente conférence, le ministre fédéral des finances, François-Philippe Champagne, a déclaré à un public d’investisseurs avertis que « le Canada possède ce que le monde veut ». Comme le font souvent les politiciens, il s’exprime de manière générale. Il soulève toutefois un point important. Dans un contexte marqué par les goulets d’étranglement de la chaîne d’approvisionnement, la demande urgente en systèmes de défense de pointe et la transition rapide vers les technologies basées sur l’intelligence artificielle, l’énergie et les minéraux essentiels du Canada constituent des atouts réels et concrets.

Et pourtant, à bien des égards, le monde est également intéressé par ce que l’Angola, l’Indonésie et la Russie ont à offrir : les ressources qui alimentent les sociétés et les matières premières utilisées dans la fabrication d’aimants, d’écrans tactiles et de batteries. L’accès aux ressources dans certains de ces pays s’accompagne de moins d’obstacles, d’une surveillance réglementaire moindre et de coûts de main-d’œuvre nettement inférieurs. Alors, pourquoi les investisseurs à long terme choisiraient-ils le Canada, avec ses lois responsables en matière d’environnement et de travail et son engagement en faveur de la consultation des populations autochtones?

La réponse se trouve au-delà des ressources. Les responsables de l’imputation sur les fonds propres à long terme, c’est-à-dire les fonds souverains, les régimes de retraite et les gestionnaires de patrimoine, qui déploient des capitaux sur plusieurs décennies pour les gouvernements, les travailleurs et les retraités, ne prennent pas leurs décisions d’investissement uniquement en fonction des ressources naturelles ou des mesures incitatives des gouvernements. Ils investissent là où ils ont confiance dans les pratiques et les normes régissant les entreprises et les projets dans lesquels ils investissent. La qualité de la gouvernance n’est pas un avantage, c’est une condition préalable.

Les ressources naturelles, les besoins en infrastructures et les secteurs à forte croissance du Canada représentent précisément le type d’occasions d’investissement à long terme que ces institutions recherchent. La vraie question n’est pas de savoir si le Canada dispose d’atouts précieux. C’est le cas. La question est de savoir si le cadre institutionnel du Canada, y compris la qualité de sa gouvernance de sociétés, inspire la confiance dont les investisseurs sérieux à long terme ont besoin pour s’engager. 

M. Matthew Fortier, président et chef de la direction par intérim, Institut des administrateurs de sociétés

Par rapport à la plupart des pays, le cadre de gouvernance de sociétés du Canada, qui comprend des droits importants pour les actionnaires, l’indépendance et la responsabilité du conseil d’administration, ainsi que des normes élevées en matière de divulgation et de communication des informations financières, confère un certain avantage.

Il s’agit là d’un message important alors que le Canada s’apprête à accueillir plus de 100 des plus grands fonds souverains, caisses de retraite et gestionnaires de patrimoine du monde à Toronto cet automne, à l’occasion du Sommet canadien de l’investissement. Le ministre Champagne a raison de dire que le Canada possède ce que le monde veut. Les conseils d’administration ont un rôle crucial à jouer en s’assurant que nos normes de gouvernance de sociétés, la transparence, la responsabilité et l’intégrité qui sous-tendent la confiance des investisseurs, continuent d’être exemplaires et que cet avantage concurrentiel soit renforcé au service de l’édification du Canada.

Pour les investisseurs internationaux, la gouvernance reste un facteur décisif. Les capitaux à long terme afflueront dans les pays où les institutions de gouvernance donnent aux investisseurs la confiance nécessaire pour s’engager. Le plus grand avantage concurrentiel du Canada n’est peut-être pas ce qui se trouve sous le sol, mais plutôt la force des cadres que nous avons construits au-dessus.

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