11 février 2026
La durabilité : comment les hauts dirigeants y font face et ce que cela signifie pour les administrateurs
Par Deloitte Canada
Alors que les priorités en matière de développement durable continuent de façonner le paysage des entreprises, les conseils d’administration sont particulièrement bien placés pour guider leurs organisations, de la conformité à la compétitivité. En s’appuyant sur les conclusions desrapports sur la durabilité des cadres dirigeants 2025 mondial et du Canada de Deloitte, les recherches révèlent comment les cadres dirigeants assurent la transition vers la durabilité et ce que cela signifie pour la surveillance exercée par les conseils d’administration.
Principales conclusions du rapport : modération mondiale et pressions canadiennes
À l’échelle mondiale, le développement durable reste l’une des trois principales priorités des entreprises, au même titre que la technologie et l’IA, mais les actions visant à concrétiser ces ambitions se sont modérées. En effet, moins d’entreprises ont déclaré avoir entrepris des actions importantes en matière de durabilité, telles que l’achat d’énergies renouvelables, l’engagement des fournisseurs ou l’établissement d’un lien entre la rémunération des dirigeants et le rendement de la durabilité.
Dans ce contexte mondial, les résultats canadiens révèlent une orientation différente. Un total de 46 % des dirigeants canadiens considèrent l’évolution de l’environnement réglementaire comme leur principale préoccupation, une proportion plus élevée que celle de leurs homologues mondiaux. Le changement climatique et l’adoption de technologies suivent de près, soulignant l’impératif croissant de conformité réglementaire, de gestion robuste des risques et de transformation numérique.
Simultanément, la pénurie de talents est le principal obstacle à la durabilité au Canada. Alors que 85 % des organisations canadiennes subissent la pression des parties prenantes pour accélérer les actions en faveur de la durabilité, ces résultats soulignent la nécessité d’un investissement ciblé dans le personnel, les processus et les systèmes afin de renforcer l’exécution et de se préparer à une transparence et une crédibilité accrues.
Actions de la salle du conseil : aller de l’avant
les organisations qui intègrent le développement durable dans leur proposition de valeur sont mieux placées pour maintenir leur élan, même en période d’incertitude. C’est là que les conseils d’administration jouent un rôle central en veillant à ce que les stratégies de durabilité soient soutenues par une gouvernance solide, des informations fiables et les capacités nécessaires à leur mise en œuvre. Les conseils d’administration devraient se concentrer sur les domaines de surveillance et d’action suivants :
- Défendre l’intégration : les administrateurs peuvent contribuer à faire progresser la maturité en matière de durabilité en veillant à ce qu’elle soit intégrée dans toutes les fonctions, des finances aux opérations, plutôt que d’être cloisonnée dans les équipes ESG. Pour ce faire, il faut favoriser un environnement de contrôle mature, dans lequel les données et les processus relatifs au développement durable sont soumis à la même rigueur et à la même fiabilité que les informations financières. Les conseils d’administration devraient également considérer la préparation à l’assurance comme étant une partie intégrante de ce parcours, en guidant la direction pour renforcer les contrôles internes, la documentation et la qualité des données bien avant que l’assurance externe ne devienne obligatoire.
- Amélioration de la gestion des risques : les risques liés au climat pouvant devenir de plus en plus importants, les conseils d’administration doivent veiller à ce que la planification des scénarios et l’évaluation des risques fassent partie du cadre de gouvernance de l’organisation. L’intégration de ces pratiques dans la gestion du risque d’entreprise permet aux administrateurs de superviser la manière dont les risques et les possibilités liés à la durabilité sont identifiés, quantifiés et gérés, ce qui favorise à la fois la résilience et la création de valeur à long terme.
- Investir dans les capacités : les conseils d’administration peuvent aider la direction à développer les compétences, les systèmes et les technologies nécessaires pour atteindre les objectifs de durabilité. Les administrateurs doivent également se demander comment les technologies émergentes, y compris l’IA, peuvent améliorer la capacité de l’organisation à suivre les progrès, à analyser les données et à renforcer la prise de décision.
- S’appuyer sur l’importance relative : une bonne évaluation de l’importance relative est au cœur de la gestion des risques et de la création de valeur. Les administrateurs doivent veiller à ce que leur organisation dispose d’une évaluation à jour qui réponde aux attentes des parties prenantes et reflète les réalités actuelles de la réglementation et du marché. Ils doivent savoir quand la dernière évaluation a été réalisée, comment l’ordre de priorité des sujets a été établi et si les rapports reflètent toujours ce qui est le plus pertinent pour l’entreprise. S’assurer que l’évaluation s’appuie sur des normes mondiales reconnues, comme l’ISSB, renforce l’authenticité et la crédibilité, ce qui permet de s’assurer que l’organisation se concentre sur les questions de développement durable qui génèrent véritablement de la valeur pour l’entreprise.
- Faire preuve de patience : les conseils d’administration doivent trouver un équilibre entre les attentes de rendement à court terme et la résilience à long terme. Les administrateurs peuvent aider la direction à rester concentrée sur la création de valeur durable, en reconnaissant que les résultats importants en matière de durabilité prennent souvent du temps à se matérialiser, mais qu’ils renforcent la résilience de l’entreprise à long terme.
- Comprendre les dépendances : les administrateurs doivent prendre en compte les conditions générales qui influencent les progrès. Les conseils d’administration peuvent identifier les catalyseurs externes, comme les changements politiques, les avancées technologiques, les mesures incitatives commerciales ou les partenariats écosystémiques, qui sont nécessaires pour atteindre nos objectifs de durabilité. La compréhension de ces dépendances permet aux administrateurs de plaider en faveur de la collaboration et de l’innovation au-delà du contrôle immédiat de l’organisation.
Alors que les attentes réglementaires évoluent et que les normes mondiales continuent de s’harmoniser, les administrateurs et les conseils d’administration ont la possibilité de guider leurs organisations vers des progrès au niveau du système et une valeur durable pour l’entreprise.
Pour plus de détails, veuillez consulter le rapport mondial et le rapport sur le Canada.