Accéder directement au contenu principal
17 janvier 2022

Priorités essentielles des conseils d’administration en 2022

Par Stephanie Stimpson, John Emanoilidis et Adrienne DiPaolo, associés chez Torys LLP

Le 17 janvier 2022

Le rôle des administrateurs et administratrices est plus difficile que jamais. Vous trouverez ci-dessous six priorités qu’ils et elles devraient se fixer pour aider leur entreprise à traverser cette période de perturbation.
  1. Gestion des talents et composition du conseil
Il est crucial pour une entreprise de disposer d’un conseil et d’une équipe de direction adéquats, en particulier lorsque des perturbations surviennent et, en 2022, la gestion et la rétention des talents ainsi que la relève sont des priorités essentielles pour les conseils. La pandémie a provoqué des changements brusques au sein de la main-d’œuvre. Parallèlement à la grande place occupée par le télétravail, à l’évolution des nouvelles technologies et à l’importance accrue accordée à la santé et au bien-être, nous sommes passés de licenciements massifs en 2020 à l’environnement actuel, un environnement marqué par une pénurie de travailleurs, par des efforts de recrutement de talents agressifs et par un affaiblissement de la loyauté envers les entreprises. Les conseils doivent s’assurer qu’ils disposent de la bonne équipe possédant la bonne expertise pour faire face à l’évolution des risques et des opportunités, ce qui nécessite d’attirer, de motiver et de retenir les cadres clés. Les conseils se concentrent sur la gestion du capital humain et examinent de près les compétences de gestion, les systèmes de rémunération et les indicateurs de performance, la diversité et la culture du milieu de travail, les outils de rétention ainsi que la santé et le bien-être des employés et employées. Compte tenu de l’environnement de travail dynamique et de la lutte pour attirer des talents, il est impératif que la direction et les conseils évaluent régulièrement la possibilité de départs de leurs membres et leurs plans de succession d’urgence et à long terme. Les conseils doivent avoir confiance que la direction développe une solide réserve de successeurs et de successeures potentiels et qu’elle crée et cultive un milieu de travail inclusif de premier plan.

La composition du conseil est également une priorité absolue et les administrateurs et administratrices possédant une expertise spécialisée et provenant de groupes historiquement sous-représentés sont très recherchés. Les présidents et présidentes des conseils et les comités de gouvernance consacrent davantage de temps à l’examen du rendement et des compétences de leurs membres ainsi qu’à l’étude de la question délicate du renouvellement du conseil et de la relève. Les meilleurs conseils adoptent des outils d’évaluation plus robustes et adaptés, y compris l’utilisation d’entretiens avec les administrateurs et administratrices et d’évaluations indépendantes afin de recueillir une rétroaction honnête et pertinente pour optimiser les performances du conseil.
  1. Planification stratégique
L’engagement des conseils n’a jamais été aussi important. Ils consacrent plus de temps, et de façon plus fréquente, à évaluer les priorités stratégiques et à y répondre. De nombreuses entreprises ont saisi des opportunités de réaliser des fusions et acquisitions stratégiques audacieuses en 2021 et nous nous attendons à ce que ce cycle actif de transactions se poursuive. Les entreprises continuent de faire face à une variété de circonstances changeantes ayant des impacts opérationnels et financiers qui exigent une prise de décisions rapide en territoire inconnu. Dans cet environnement perturbé, les administrateurs et administratrices doivent s’assurer que la direction s’engage dans une planification de scénarios rigoureuse et qu’elle est prête à affronter les risques et à tirer parti des opportunités qui s’offrent à elle, que le capital et les ressources sont alloués de manière appropriée, que les indicateurs de performance et la divulgation sont correctement alignés et que l’organisation et sa structure de gouvernance s’adaptent et répondent aux besoins changeants de l’entreprise. Une relation solide entre le conseil et la direction, qui entretiennent des lignes de communication ouvertes et régulières et un climat de confiance, facilitera une meilleure planification et une meilleure réactivité face à différents résultats.
  1. Engagement des parties prenantes et facteurs ESG
Les conseils et la direction doivent communiquer régulièrement avec les investisseurs et investisseuses et les parties prenantes de l’entreprise et faire preuve d’ouverture face à leurs préoccupations changeantes et parfois divergentes. Les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) sont devenus un impératif stratégique du point de vue de la gestion du capital, car les investisseurs et investisseuses tiennent compte des critères et des cotes ESG dans leurs décisions d’investissement. Dans la vaste sphère des considérations ESG, les conseils doivent établir leur stratégie et leurs priorités en la matière et s’attendre à devoir répondre de leur gestion. Les activistes se concentrent de plus en plus sur l’action climatique, la diversité et l’inclusion et d’autres objectifs ESG, exprimant leurs points de vue par l’entremise de propositions aux actionnaires, de batailles de procurations, de litiges et des médias. Les conseils peuvent se démarquer, créer de la valeur et atteindre un objectif social plus large grâce à de solides performances sur le plan des facteurs ESG, notamment en ayant des objectifs à court et à long terme clairement formulés, crédibles et largement intégrés et en rendant compte des progrès mesurables au fil du temps. 
  1. Action et divulgation en matière de climat
Bien qu’elles se retrouvent sous l’égide des facteurs ESG, les actions et la divulgation en matière de climat méritent leur propre place sur la liste des priorités du conseil. Les organismes de réglementation des valeurs mobilières prennent des mesures, alors que les règles proposées au Canada obligeront les sociétés ouvertes à produire des rapports conformes aux recommandations du Groupe de travail sur l’information financière relative aux changements climatiques. Bien que ces règles ne soient pas censées entrer en vigueur avant 2024, les émetteurs et émettrices devraient commencer à planifier dès maintenant, car la conformité à ces règles peut nécessiter des investissements importants en temps et en ressources à court terme et les investisseurs et investisseuses en sont déjà à exiger des informations plus cohérentes et plus complètes sur le climat. Pour s’attaquer à ce sujet important et complexe sur le plan technique, les conseils doivent évaluer l’étendue de l’expertise de l’organisation et des données disponibles, déterminer les lacunes et revoir régulièrement leurs priorités, leur plan d’action et la communication d’informations à mesure que de meilleures technologies, informations et pratiques émergent. L’action climatique exige une réflexion à long terme et une vaste collaboration avec les gouvernements, les investisseurs et investisseuses, les chaînes d’approvisionnement et les consommateurs et consommatrices. Les conseils doivent également jouer un rôle actif pour comprendre les dynamiques compliquées qui sont en jeu et le plan pour atteindre les objectifs à court, moyen et long terme. Une supervision adéquate nécessite un modèle de gouvernance adapté ainsi que des rôles et des responsabilités clairement établis pour la direction, le conseil et les comités de l’organisation.
  1. Le volet numérique
La transformation numérique s’est accélérée pendant la pandémie. La cybersécurité, la protection des données et le déploiement de technologies sont désormais des questions cruciales pour l’entreprise qui nécessitent une attention, une expertise, des capitaux et des ressources. Le conseil doit comprendre comment la technologie numérique transforme l’organisation et son secteur d’activité au sens large et avoir confiance que l’organisation dispose de l’expertise nécessaire pour réagir. Pour que le conseil puisse s’acquitter correctement de sa responsabilité de surveillance, le cadre de gestion des risques doit être mis à jour régulièrement afin de déterminer et de gérer les risques émergents liés à la cybersécurité et à la protection des données, et ce, au moyen d’un programme de conformité fiable et d’un protocole de signalement et d’escalade des incidents.
  1. Évolution du milieu de travail
Bien que la pandémie, de façon inattendue, ait forcé les organisations à adopter et à faciliter des environnements de travail à distance pour la plupart des membres de leur personnel, bon nombre des changements organisationnels et des modalités de travail flexibles qui en découlent sont solidement établis. Les entreprises s’efforcent de trouver un juste équilibre entre leurs politiques de retour au travail et de télétravail et sont aux prises avec des opinions divergentes sur la question de savoir si et à quelle fréquence les employés et employées doivent être physiquement présents pour mener leurs activités de manière optimale. Tout en veillant à ce que les objectifs de l’entreprise soient atteints, les entreprises doivent être tournées vers l’avenir et réceptives aux nouveaux modèles d’affaires, faute de quoi elles auront du mal à attirer et à retenir les meilleurs talents. Les conseils doivent avoir la certitude que la direction dirige cette évolution du milieu de travail et surveille les meilleures pratiques émergentes en matière de gestion du capital humain afin de garantir une formation et un perfectionnement adéquats, la mesure de la productivité et du rendement, une collaboration et un travail d’équipe efficaces, la santé et le bien-être des employés et employées ainsi que la création d’une culture d’entreprise et de loyauté, autant d’éléments essentiels à la réussite à long terme de l’organisation.  
Haut