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18 octobre 2021

Séance à huis clos avec Dr Jim Fleck : gouvernance du secteur des arts et de la culture

Par Heather Wilson, directrice, Services de recherche
Pendant tout l’automne, l’IAS se penchera sur les enjeux qui importent à nos fellows 2021 au moyen d’une série de vidéos spéciales intitulée Séances à huis clos. La première vidéo, maintenant disponible, est axée sur l’importance du secteur des arts et de la culture pour le Canada et a été réalisée en hommage au Dr James (Jim) Fleck.

Dr Jim Fleck a consacré une partie importante de sa carrière d’administrateur à aider des organismes d’arts et culturels canadiens à réussir. Cette vidéo met en vedette Dr Fleck lors d’un entretien avec Rahul Bhardwaj, le président et chef de la direction de l’IAS. Dans la dernière partie de la vidéo, un groupe distingué de dirigeant(e)s défendent avec conviction l’importance du secteur culturel, discutent des raisons pour lesquelles il est important et pourquoi il devrait l’être pour les Canadiens et Canadiennes. Voici quelques faits saillants de la vidéo :

L’importance des arts et de la culture
Le secteur canadien des arts et de la culture est d’une importance capitale pour la société canadienne. Force économique considérable, il contribue des milliards de dollars au PIB du pays en plus d’être un grand employeur. Le secteur joue également un rôle clé en tant que bâtisseur communautaire. On peut lire ce qui suit dans ce rapport de l’Institut Brookfield (en anglais) : « Les arts et la culture peuvent favoriser la réflexion, l’empathie, la compréhension, la santé et le bien-être, l’engagement civique et appuyer l’éducation et l’apprentissage. Les contextes culturels, les contenus et les activités offerts par ce secteur peuvent créer un sentiment identitaire et inciter à l’engagement et à l’établissement de relations au sein des communautés et entre elles et, de ce fait, engendrer de riches avantages civiques et renforcer les liens humains. »

Entretien avec Jim Fleck
Lors de cet entretien, Dr Fleck discute de l’importance du secteur culturel, de la nécessité d’une gouvernance efficace des organismes artistiques et culturels et des raisons pour lesquelles le milieu des affaires devrait soutenir les arts. La réponse de Dr Fleck à la question « Pourquoi les arts et la culture sont-ils importants? » : « Deux mots : innovation et créativité. Ces deux éléments sont tellement importants pour tout pays ou toute économie qui souhaite réussir dans le monde moderne… [Les artistes] voient la vie à travers une lentille différente et ils(elles) élargissent les horizons et stimulent l’imagination. Ce sont toutes des caractéristiques très souhaitables pour une entreprise. » En s’appuyant sur cette idée, Dr Fleck souligne également que lorsque les dirigeant(e)s envisagent de soutenir les arts et la culture, ils(elles) doivent garder à l’esprit que les travailleur(euse)s du savoir peuvent choisir de vivre n’importe où. Un secteur culturel dynamique peut être un élément de taille pour attirer les talents dont les entreprises ont besoin pour réussir.
 
Douglas Knight à propos de la trame narrative nationale
À la suite de l’entrevue avec Dr Fleck, nous explorons plus à fond les arts et la culture canadiens avec Douglas Knight, président et chef de la direction de la Fondation des Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle (https://ggpaa.ca/fr/home.html). Il aborde l’importance des arts et de la culture pour le Canada, les défis auxquels le secteur fait face ainsi que son avenir.

M. Knight appuie depuis longtemps les arts au Canada. Lorsqu’on lui demande d’expliquer pourquoi les arts et la culture sont importants, il répond : « Tout pays digne de ce nom doit avoir sa propre trame narrative et la capacité de raconter ses propres histoires. C’est absolument essentiel. » M. Knight souligne également la dimension économique du secteur culturel dont la valeur s’élève à 59 milliards $, représente 3 % du PIB, 4 % de l’emploi et dont l’ampleur dépasse les industries de l’agriculture, de la pêche et de la foresterie combinées. Le secteur est également huit fois plus grand que le hockey et tous les sports réunis. 
Il comporte bien sûr quelques défis. M. Knight soulève la nécessité d’élargir le public et de faire une place pour les voix canadiennes. Il rappelle également aux téléspectateur(trice)s que le Canada joue dans la cour des grands en matière d’impact artistique à l’échelle mondiale.

Le point de vue de dirigeant(e)s du monde des arts
Dans la dernière partie de notre première Séance à huis clos, un groupe d’expert(e)s estimé(e)s partagent leur perspective en tant que dirigeant(e)s d’organismes d’arts canadiens. Pendant la conversation menée par Martin Cej, associé de la firme Longview Communications and Public Affaires, Christa Dickenson, directrice générale et cheffe de la direction de Téléfilm Canada, Janice Price, présidente et cheffe de la direction du Banff Centre for Arts and Creativity et Jan-Fryderyk-Pleszczynski, président sortant du Conseil des arts de Montréal, ont abordé l’impact de la pandémie, le financement des arts et la meilleure façon de former les nouveaux dirigeants et les nouvelles dirigeantes de demain.

Selon Mme Price, la pandémie a permis de faire avancer d’une décennie la prestation de la programmation numérique. À l’avenir, les organisations devront décider quelles innovations devront être conservées et quels compromis devront être faits, car il ne sera pas possible de tout faire. Mme Dickenson s’appuie sur cette idée en reconnaissant l’avantage d’attirer de nouveaux publics par la numérisation, mais fait également remarquer l’inconvénient que cela comporte : la prolifération des produits numériques a fait en sorte que la concurrence pour accaparer le maximum de spectateurs s’est accrue. Dans le cas des conseils d’administration, il sera essentiel qu’ils offrent à leur organisation l’orientation stratégique dont elle a besoin pendant qu’ils seront à choisir à quoi affecter leurs ressources.

Les panélistes ont également exploré d’autres domaines importants de la gouvernance artistique. Mme Dickenson a soulevé l’importance d’enrichir la relation entre le conseil et le(la) chef(fe) de la direction en fondant celle-ci sur le respect réciproque et sur un protocole « sans surprises ». Selon Mme Price, une plus grande attention doit être accordée à la planification de la relève et au développement de la prochaine génération de dirigeant(e)s en arts par l’entremise de formations. Pour sa part, M. Pleszczynski souhaiterait que les nouveaux dirigeants et nouvelles dirigeantes puissent avoir les coudées franches pour assurer la croissance et la transformation de leurs organisations. M. Pleszczynski envisage aussi de voir les administrateurs et administratrices jouer un rôle clé dans le développement des dirigeant(e)s dans le domaine des arts, mais souligne également la nécessité pour les membres de conseils de se concentrer sur ce dont l’organisation a vraiment besoin et d’éviter de faire de la microgestion.

Conclusion
Ce ne sont là que quelques-uns des points saillants des débats rigoureux qui ont eu lieu lors de notre première Séance à huis clos dont l’accent portait sur l’importance des arts et de la culture au Canada. Des centaines d’administrateurs et administratrices siègent à des conseils canadiens d’organismes consacrés aux arts et à la culture. Dans cette présentation vidéo spéciale, nous tenions à reconnaître le rôle clé que ces organismes jouent au sein de la société canadienne. Pour entendre toute la discussion, veuillez regarder la version intégrale de la vidéo, en cliquant ici.
 
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