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4 octobre 2021

Atlantique 2030 : les leçons tirées de l’est du Canada

Par Prasanthi Vasanthakumar, Institut des administrateurs de sociétés

Mardi dernier, des administrateurs et administratrices et dirigeants et dirigeantes d’entreprise de partout au pays ont assisté à Atlantique 2030 pour entendre les premiers ministres Andrew Furey, Blaine Higgs, Tim Houston et Dennis King discuter de ce que la prochaine décennie réserve au Canada atlantique.

Tenu par l’IAS en collaboration avec ses sections régionales des Maritimes et de Terre-Neuve-et-Labrador, cet événement virtuel a également mis en vedette neuf leaders régionaux de l’économie, de la transformation durable des ressources, du tourisme, de l’innovation et de l’entrepreneuriat. Les conversations étaient animées par Rahul Bhardwaj, président et chef de la direction de l’IAS, et par Sarah Young de la firme de relations publiques, NATIONAL.

« Le Canada atlantique a récemment été sous les projecteurs », a déclaré M. Bhardwaj dans son mot d’ouverture. « Nous voulons comprendre les facteurs qui favorisent ce dynamisme. » Au fil de la discussion, il devenait évident que la collaboration, l’innovation et les talents sont des éléments clés du succès actuel et futur de la région.
 
La discussion des premiers ministres
Les quatre premiers ministres ont discuté des leçons tirées de la pandémie, des principales forces de la région, du rôle des Canadiens et Canadiennes autochtones dans les succès à venir, de la coopération et des soins de santé et de leurs visions pour 2030.

Les leçons tirées de la pandémie
  • La bulle atlantique nous a permis de partager nos expériences d’apprentissage et de créer un environnement non compétitif et collaboratif pour réaliser notre plein potentiel. Les ressources de nos quatre provinces varient, mais réunies, elles peuvent faire en sorte que la région de l’Atlantique devienne une véritable puissance. – Andrew Furey, premier ministre
  • Plutôt que de nous mesurer les uns aux autres, nous devrions plutôt nous synchroniser pour former une seule et unique puissance dans notre pays. Des gens reviennent dans la région, tandis que d’autres y déménagent pour la première fois. On assiste à une renaissance du Canada atlantique. – Blaine Higgs, premier ministre
  • Afin d’établir un climat de confiance et de coordination, il faut favoriser les communications ouvertes et fréquentes. Il est essentiel d’être ouvert avec vos électeurs et électrices ainsi qu’avec vos voisins à propos de vos plans et d’écouter les experts et expertes de la santé publique. – Tim Houston, premier ministre
  • Pour gagner la confiance de vos électeurs et électrices, vos décisions doivent être prises de façon cohérente et être fondées sur des preuves. Au-delà de la COVID-19, cette approche sera importante pour relever les défis de l’écologisation de notre économie et de la réduction de notre empreinte carbone. – Dennis King, premier ministre
La vision des premiers ministres pour 2030
  • Nous devons diversifier notre économie. Au cours des dix ou vingt prochaines années, la province sera bien positionnée pour tirer parti de notre faible bilan carbone, tout en reconnaissant l’existence de nos abondantes sources d’énergies vertes. Nous pouvons travailler ensemble pour fournir une énergie fiable et propre à des taux stables pour le Canada atlantique et le littoral nord-est. Nous disposons également de ressources incroyables pour développer le secteur de la technologie. – Dennis Furey, premier ministre
  • La croissance démographique est un élément essentiel de la croissance économique. Pour attirer et retenir les gens, nous devons leur offrir un bon accès aux soins de santé primaires et à l’éducation. – Tim Houston, premier ministre
  • Il nous faut une main-d’œuvre responsable et un modèle d’amélioration continue afin que nous puissions miser sur nos succès plutôt que de recréer sans cesse les problèmes du passé. Dans un environnement propice, nous aurons plus de gens qui innoveront dans le même sens. – Blain Higgs, premier ministre
  • D’ici 2030, l’Île-du-Prince-Édouard comptera plus de 200 000 résidents et résidentes et sera visitée chaque année par 2,5 millions de touristes. Nous maîtriserons mieux notre propre destinée en matière de croissance économique, d’éducation des professionnels de la santé, d’environnement et de réduction du carbone. Notre objectif est de générer de l’électricité verte à l’intérieur de l’Île-du-Prince-Édouard et de la région. Chaque autobus scolaire sera électrique et toutes nos routes et autoroutes auront des pistes cyclables. Nous voulons une société plus active et plus sécuritaire et un meilleur environnement. – Dennis King, premier ministre
L’avenir économique du Canada atlantique
Par la suite, Craig Alexander, économiste en chef chez Deloitte, a discuté des perspectives économiques de la région. Il a affirmé qu’en raison des risques pour la santé et de la force de la quatrième vague de COVID-19, ce n’est qu’en 2022 que la plupart des provinces de la région reviendront à leurs niveaux d’activité économique d’avant la pandémie. Il a abordé les dépenses des ménages, l’impact du boom immobilier, le risque d’inflation, les attentes à l’égard de la dette gouvernementale et plus encore.

Observations clés :
  • Les dépenses des ménages mèneront à une forte croissance économique. En raison de la demande refoulée, le Canada atlantique sera témoin d’un boom de l’industrie du tourisme.
  • La pandémie laissera dans sa foulée un héritage durable, notamment le passage à des milieux de travail numériques et flexibles, l’importance de la relation de confiance et la nécessité d’établir des chaînes d’approvisionnement résilientes.
  • Pour que la pandémie mondiale de COVID-19 devienne une chose du passé, l’économie mondiale doit cerner les risques pour la santé.
  • Les pénuries de main-d’œuvre sont causées par : une trop faible immigration, surtout pour les emplois occupés par des immigrants (p. ex., pharmaciens et pharmaciennes), le passage au numérique, qui exige davantage de travailleurs et travailleuses possédant des compétences numériques, les programmes gouvernementaux de soutien du revenu qui dissuadent les travailleurs et travailleuses à revenir au travail et le manque de volonté de ces derniers de retourner dans certaines industries susceptibles de subir des restrictions gouvernementales et de comporter des risques pour la santé.
  • Les facteurs ESG entrent de plus en plus en ligne de compte dans la prise de décisions en matière de politiques et d’investissements, ce qui crée des occasions favorables pour le Canada atlantique.
M. Alexander a conclu son entretien en établissant trois mesures que le Canada atlantique se doit de prendre pour atteindre un rythme plus rapide vers la prospérité. Il devrait tout d’abord éliminer les obstacles auxquels la main-d’œuvre fait face à l’échelle nationale, comme les questions d’inégalité, d’acquisition de compétences, d’immigration, d’intégration et de rétention. En deuxième lieu, il devrait favoriser les investissements de capitaux dans des entreprises en tirant parti de transactions commerciales, en collaborant activement en tant que région pour attirer des investissements de l’étranger et en investissant dans les infrastructures publiques (p. ex., numérique, transport). Troisièmement, il devrait encourager l’innovation et la productivité en offrant des formations, en investissant dans des entreprises, en faisant la promotion de l’esprit d’entreprise et en investissant dans des infrastructures essentielles comme les soins de santé pour soutenir la croissance de la population et une main-d’œuvre saine.
 
La transformation durable des ressources
À la suite de l’entretien avec M. Alexander, Sarah Young a accueilli Karen Hutt d’Emera inc., Kendra MacDonald de Supergrappe des océans du Canada et John Paul du Atlantic Policy Congress of First Nations Chiefs Secretariat. Ces leaders ont exploré comment la région peut développer et gérer ses ressources pour en assurer la durabilité à long terme.


Idées clés :
  • Armés d’une vision commune, nous pouvons faire plus ensemble et progresser plus rapidement. Nous possédons, par exemple, le plus grand puits de carbone dans l’océan de l’Atlantique Nord. Notre compréhension de sa capacité à continuer à absorber le carbone aura une incidence sur la façon dont le Canada et le monde parviendront à atteindre les objectifs de carboneutralité. Nous devons travailler ensemble pour développer cette ressource. C’est un exemple de l’occasion exceptionnelle qui se présente à nous de tirer parti de l’élan créé par la bulle atlantique. – Kendra MacDonald
  • La véritable durabilité ne pourra être atteinte que si nous rallions tout le monde. Pour puiser dans nos infrastructures et ressources énergétiques de façon inclusive, nous devons pouvoir compter sur la collaboration et le soutien à l’échelle interprovinciale et intergouvernementale. Certains diraient qu’il est plus facile de faire circuler l’énergie entre le Canada et les États-Unis que dans notre propre pays, mais ça ne devrait pas être ainsi. Nous devons créer une infrastructure qui permettra à tous les Canadiens et Canadiennes d’en tirer le plus grand avantage possible. – Karen Hutt
  • Je conseillerais aux dirigeants et dirigeantes d’entreprise qui cherchent à établir un partenariat avec les communautés autochtones de communiquer honnêtement et clairement leurs attentes. Ne faites aucune supposition. Les gens et les leaders de nos communautés sont accessibles. Trouvez des moyens crédibles pour créer des opportunités et favorisez la croissance des communautés. Ayez l’esprit ouvert, laissez de côté les perceptions et les mythes irréalistes et les gens vous seront réceptifs. – John Paul
Le tourisme
Zita Cobb du Fogo Island Inn et de Shorefast et Jamie Thomas du Lennox Island Mi’kmaq Cultural Centre sont montés sur la scène virtuelle pour nous faire part de leur vision de l’avenir de l’industrie touristique.
Idées clés :
  • Je pense que l’avenir du tourisme sera axé sur la communauté et sera à faible intensité de carbone. Certains voyageront moins fréquemment, mais leurs séjours seront plus longs et plus en profondeur. Le tourisme durable comporte deux conditions préalables : il ne doit pas être votre seule industrie et l’échelle de cette industrie doit être appropriée pour la communauté. Avec 2,3 millions de personnes habitant une grande étendue de territoire, nous avons une occasion unique d’être des chefs de file en matière de voyages régénérateurs fondés sur les communautés. – Zita Cobb
  • En ce qui a trait au tourisme autochtone, nous devons miser sur notre capacité et nos produits disponibles pour répondre aux besoins des gens qui visitent le Canada atlantique. Pour y parvenir, nous devons collaborer avec d’autres communautés des Premières Nations et avec des entrepreneurs individuels. Nous devons investir dans nos gens. Dans la mesure du possible, nous devrions créer des partenariats avec des communautés non autochtones. Il faudrait peut-être créer des itinéraires vers les quatre coins de la province, des Maritimes ou du Canada atlantique. – Jamie Thomas
L’innovation et l’entrepreneuriat
Lors du dernier groupe de discussion, David Alston de Marketswell Solutions, Brendan Brothers de Verafin et Laurie MacKeigan de Backman VIdcom ont discuté des défis que représentent l’innovation et la recherche de talents.


Idées clés :
  • Tout le monde est à la recherche de talents. Puisque les gens peuvent travailler de n’importe où, les possibilités d’embauche sont plus grandes. Cependant, vous entrez en concurrence avec les Google et les Microsoft de ce monde, ce qui crée une pression sur les salaires. La seule façon de faire croître nos entreprises et notre économie est d’attirer plus de gens chez nous. – Laurie MacKeigan
  • Nous ne pouvons pas nous tourner vers les gouvernements pour stimuler l’innovation, car les systèmes politiques sont frileux à l’égard du risque. En tant qu’entrepreneurs, nous devons approcher des entités en périphérie des gouvernements comme l’Institut McKenna du Nouveau-Brunswick et créer des occasions de faire appel à des innovateurs et innovatrices pour travailler en collaboration à la résolution de problèmes. De cette façon, nous pouvons continuer à innover et à progresser au fil des cycles politiques. – David Alston
  • Nos universités attirent les talents et créent un effet de fidélisation, favorisant l’amour de la communauté. Plutôt que d’essayer d’aller chercher des gens qui ne connaissent pas notre région, nous devrions nous concentrer sur ceux et celles qui en ont déjà fait l’expérience. Nous devons être accueillants. Ce n’est pas seulement les emplois qui comptent, car les gens peuvent travailler de n’importe où. Nous devons comprendre les raisons pour lesquelles les gens veulent venir ici et comment nous pouvons en faire une région où il fait bon vivre. – Brendan Brothers et David Alston, lors d’une conversation
Cet événement a été soutenu par le Centre pour l’avenir du Canada de Deloitte, Emera, Longview et le port de Belledune.
Remarque : Les observations des conférenciers ont été condensées aux fins de cet article.
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